Pour les occidentaux le mot Riad est intimement associé aux maisons traditionnelles des médinas marocaines, la réalité ethymologique de ce mot est pourtant tout autre. Le riad est en effet le mot arabe pour jardin. Cette association entre la maison et le jardin s'est imposée au fil du temps pour qualifier les maisons de personnes généralement de haut rang qui disposaient des moyens financiers pour consacrer une partie de leur terrain à l'édification d'un jardin paradisiaque.
Sous l'influence de la culture andalouse, les maisons des notables marocains ont été agrémentés de jardins centraux. Ils contiennent généralement un assortiment d'arbres et d'arbustes, de plantes odorantes comme le jasmin ou la rose ou de plantes grimpantes comme le lierre ou la vigne ainsi qu'une fontaine centrale. Certains propriétaires n'ont d'ailleur pas hésité à y planter des orangers, des oliviers voir des palmiers ou des dattiers. La pensée musulmane (Coran - Sourate 56. L'evénement (Al-Waqi'a)) identifie en effet le paradis comme un majestueux et abondant jardin. Il n'est dès lors pas étonnant que les riches dignitaires marocains aient souhaités se doter d'un jardin (riad), le lieu symboliquement le plus proche de ce à quoi ils aspirent pour leur repos éternel.
Architecturalement les riads sont une synthèse des pensées occidentale et orientale, tant ce qui concerne le riad lui-même que la maison. En raison du climat et des traditions, les maisons sont souvent introverties avec pour seule ouverture vers l'extérieur leur porte d'entrée. Ils disposent également généralement d'un étage. Cet étage permet de conserver d'atténuer les fortes chaleurs de l'été et d'isoler partiellement une partie de la maison du froid hivernal, on peut toutefois également penser que cette élévation répond également à la description du paradis comprise dans le Sourate 56 du Coran.
Il n'existe à proprement parlé pas d'architecture type des riads. Le riad se devait en effet de refléter l'opulence de son propriétaire ainsi que ses privilèges. Certains dignitaires de haut rang ont ainsi fait construire de véritables palais s'étalant sur plusieurs centaines de mètres carrés. Ainsi, le riad slitine aujourd'hui rénové et reconverti en hôtel riad haut de gamme s'étend sur plus de 700 m2. Le riad a donc été conçu comme un lieu de convivialité destiné à recevoir un grand nombre de personnes et où chacun doit s'y sentir bien.
La réhabilitation récente de centaines de riads pour les transformer en maison d'hôtes ou en résidences secondaires n'est donc qu'un retour aux sources pour ces batisses emblématiques des médinas marocaines, et de celles de Marrakech et de Fes en particulier.